Hommage à Ani Seunam Ouangmo

A l'automne de l'année 1987, je rencontrai Ani Seunam Ouangmo au monastère de Kagyü-Ling, en Bourgogne. Une retraite de trois ans venait de se terminer, et les rituels étaient d'une qualité que je n'ai guère retrouvée depuis.

Les chemins qui m'ont mené vers ce lieu, lectures, études de philosophie, etc... présentaient toujours d'autres époques, d'autres cultures, et je ne faisais que languir, avec un sentiment d'inadaptation au monde moderne.
Là, cependant, c'était bien ici et maintenant, dans le pays où je vivais, et bien des gens qui parlaient la même langue, partageaient le même monde.

Une connexion particulière s'est alors faite avec cette femme, et ses qualités ont immédiatement acquis ma confiance, mon aspiration.

Au fil des années, notre relation a été témoin des avancées et des difficultés de chacun de nous deux, visitant tout l'éventail des états humains.

Son départ tragique du lieu où, pendant près de vingt deux ans, elle fut extensivement, intensivement formée au bouddhisme tantrique, ainsi que, plus tard, sa totale coupure de la communication, lié à son départ de retraite à vie, ont été plus que marquants pour mon chemin. Ce sont des enseignements, dont certains me sont encore difficiles à avaler.

Après un refus et un rejet intempestifs, reprenant la barre de nagivation avec indépendance et autonomie, je réalise peu à peu que cette relation, quelque soient ses aspects catastrophiques, est pour moi une référence, qui plus est de la meilleure qualité qui soit.
Grâce à la critique positive et à la pratique assidue, peu à peu la certitude et la détermination naissent, et le dharma véritable prend racine.

A celle qui a marqué mon coeur et ma voie, et à qui je dois une grande partie du peu d'habileté et de connaissance que j'ai, je rends un hommage sans retenue.
Seunam Ouangmo, par ton intransigeance et ta sévérité, mon esprit brouillon et chaotique a acquis de la méthode, de la discrimination. L'influence de la lignée de pratique, malgré mon esprit sombre et rebelle, a fini par filtrer à travers la porte que tu as accepté d'être.
Je me plains des difficultés que cela m'a causé, mais je pense quelques fois aujourd'hui que des difficultés, j'ai dû t'en causer des bien pires, et pourtant jusqu'au dernier moment, et malgré tes propres erreurs et égarements, ton scrupule à me guider au mieux a toujours dominé.

Puisse donc les louanges du plus mauvais des disciples de cette ère parvenir à tes oreilles, Seunam Ouangmo, par-delà les distances et la séparation.

L'artisan barbu de Mérite et Patience

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